Tu tapes maprimerenov.gouv.fr dans ton navigateur, et tu atterris ailleurs. Depuis le 17 août 2026, une demande d’aide se dépose sur un compte unique hébergé par france-renov.gouv.fr, ouvert avec FranceConnect+ et pas autrement. Les trois portails d’avant, France Rénov’, MaPrimeRénov’ et Mon Projet Anah, sont devenus une seule adresse ; les comptes existants ont été repris après vérification d’identité.
Ce déménagement mis à part, l’année a peu bougé. Un propriétaire qui occupe son logement a sept aides à la rénovation énergétique devant lui. Sept, pas quinze : trois dispositifs qu’on continue de lui citer ne financent plus une seule ligne de devis, et deux autres appartiennent aux bailleurs.
Les sept aides à la rénovation énergétique, et qui paie chacune
| L’aide | Qui verse | Ce que tu touches |
|---|---|---|
| MaPrimeRénov’ | l’Anah | un forfait par geste |
| La prime CEE | un vendeur d’énergie | une prime négociée |
| La TVA à 5,5 % | personne | 14,5 points de moins |
| L’éco-PTZ | une banque conventionnée | jusqu’à 50 000 € à 0 % |
| Le prêt avance rénovation | une banque | remboursé à la revente |
| L’exonération de taxe foncière | ta commune | 50 à 100 % sur trois ans |
| Les aides locales | ta région ou ton intercommunalité | une subvention en plus |
Ces sept-là paient des travaux qui font baisser la consommation du logement : isoler, changer le chauffage ou la production d’eau chaude, ventiler. Une cuisine, une toiture refaite à l’identique, un ravalement seul n’y entrent pas, et c’est la moitié du sujet que les brochures oublient.
Le montant n’est pas ce qui sépare ces sept lignes. Le guichet, si. Deux d’entre elles virent de l’argent sur ton compte, deux te le prêtent, deux allègent une facture ou un impôt sans qu’un euro circule. La septième dépend de l’endroit où tu habites, et c’est la seule que je ne peux pas chiffrer d’ici.
Un périmètre, d’abord. Ce tableau ne vaut que pour une résidence principale achevée depuis plus de deux ans et occupée par son propriétaire ; un bailleur y ajoute le déficit foncier et la réduction d’impôt Denormandie, deux avantages fiscaux qu’on te citera dans le tas alors qu’ils ne s’adressent pas à toi. En copropriété, c’est le syndicat qui dépose et qui touche. Une résidence secondaire perd presque tout.
MaPrimeRénov’ verse un forfait par geste, pas un pourcentage du devis
C’est la confusion qui me coûte le plus d’explications au téléphone. Le parcours par geste ne rembourse aucun pourcentage : il verse un chiffre fixe par équipement, décliné selon ta couleur de revenus. Cinq mille euros pour une pompe à chaleur air-eau chez un ménage bleu, que le devis annonce 12 000 € ou 19 000 €. Le prix payé ne compte pas.
La liste des gestes financés a maigri au 1er janvier 2026. Il en reste cinq familles : isolation de la toiture, remplacement d’un simple vitrage, chauffage, eau chaude sanitaire, ventilation double flux. Les murs en sont sortis, et c’est le changement qui surprend le plus de monde, parce que l’isolation des murs a été le geste le plus vendu du démarchage pendant cinq ans.
Le second filtre porte sur les revenus. Un ménage rose, la tranche du haut, n’est pas servi à montants réduits sur le parcours par geste en métropole : il en est purement exclu. Il lui reste la rénovation d’ampleur, où l’aide se calcule cette fois en pourcentage, contre un gain d’au moins deux classes au diagnostic. Ta couleur se lit sur ton revenu fiscal et sur le nombre de personnes qui dorment chez toi.
La prime CEE sort de la caisse d’un vendeur d’énergie
Aucun euro de la prime CEE ne vient de l’État. C’est un vendeur d’électricité, de gaz ou de carburant qui signe le virement, parce que la loi lui impose de faire économiser de l’énergie à quelqu’un, et qu’il achète cette économie chez toi.
Conséquence directe, et elle déroute tout le monde : il n’existe aucun barème publié. Deux enseignes chiffrent le même chantier à deux montants différents, et l’écart dépasse couramment le tiers. Tu as donc le droit de faire jouer la concurrence, à une condition : la prime se réserve avant la signature du devis. Après, elle est perdue. Je n’ai jamais vu d’exception.
Le Coup de pouce est une surprime posée sur ce même mécanisme, réservée au remplacement d’une chaudière au fioul, au gaz ou au charbon.
Lesquelles de ces deux aides s’ouvrent sur ton chantier ? C’est le geste qui décide, pas la maison.
La TVA à 5,5 % et l’exonération de taxe foncière ne passent par aucun guichet
Ces deux-là ne se demandent à personne. Il n’y a ni dossier à déposer, ni virement à attendre : elles allègent une facture ou un impôt, et ce sont les seules du lot à ignorer complètement tes revenus.
La TVA réduite s’applique toute seule sur la facture de l’entreprise. Aucun délai d’instruction. L’attestation que tu remplissais a disparu en février 2025 : la loi l’a remplacée par une mention que tu portes toi-même sur le devis ou sur la facture. Le taux tombe de 20 % à 5,5 % sur les travaux d’amélioration énergétique, à condition que l’entreprise fournisse elle-même les matériaux. Sur un devis mixte, la frontière passe au milieu des lignes.
L’exonération de taxe foncière tient, elle, à trois verrous que presque personne ne détaille. Ta commune doit l’avoir votée, et la délibération doit être prise avant le 1er octobre pour valoir au 1er janvier suivant. Ton logement doit avoir été achevé avant le 1er janvier 1989. Enfin, les dépenses doivent dépasser 10 000 € TTC sur l’année précédente, main-d’œuvre exclue du compte, ou 15 000 € sur trois années consécutives. Tu déposes ensuite une déclaration sur papier libre au service des impôts, avant le 1er janvier de la première année d’exonération. Elle dure trois ans, porte sur 50 à 100 % de la part communale, et ne se redemande pas dans les dix ans qui suivent : l’administration fiscale en publie les conditions exactes.
Emprunter le reste : l’éco-PTZ, ou le prêt qu’on rembourse à la revente
L’éco-PTZ ne regarde pas tes revenus. C’est le banquier qui regarde ton taux d’endettement, et c’est lui qui signe ou refuse ; contre un refus de prêt il n’existe rien qui ressemble au recours qu’on peut tenter face à l’Anah. Le dispositif court jusqu’au 31 décembre 2027, sans un euro d’intérêt, sur dix ou quinze ans.
| Ce que tu fais faire | Plafond |
|---|---|
| Une action sur les parois vitrées | 7 000 € |
| Une action de toute autre nature | 15 000 € |
| Un lot de deux travaux | 25 000 € |
| Un lot de trois travaux ou plus | 30 000 € |
| Une rénovation globale, 35 % de gain | 50 000 € |
Quand la banque dit non, ou quand l’âge rend l’emprunt classique impossible, il reste le prêt avance rénovation. C’est un prêt hypothécaire : tu ne rembourses rien tant que tu vis là, le capital se solde à la revente du bien ou à la succession. Sa version à taux zéro, ouverte depuis septembre 2024, ne porte aucun intérêt pendant dix ans, et celle-là regarde les revenus.
Trois aides qu’on te cite encore et qui ne paient plus tes travaux
Le chèque énergie ne finance plus une rénovation. La loi de finances du 14 février 2025 a supprimé cet usage, qui concernait autour de mille cinq cents chèques par an. Il reste bon pour payer une facture d’électricité, de gaz ou de bois, et il faut maintenant le réclamer quand l’administration ne t’a pas repéré d’elle-même.
La subvention Action Logement pour les travaux énergétiques est suspendue, et elle l’est depuis plusieurs années. Un salarié du privé peut encore obtenir un prêt à taux réduit, plafonné à 10 000 €. Ce n’est pas l’aide de 20 000 € qu’on lit toujours sur des pages datées de cette année.
La prime à l’autoconsommation photovoltaïque a disparu le 5 juin 2026. Un arrêté du 1er juin l’a supprimée et a ramené le rachat du surplus à 1,1 centime le kilowattheure. Poser des panneaux reste possible, ce n’est simplement plus un chantier aidé. Le solaire thermique, lui, garde son forfait MaPrimeRénov’. On confond les deux à peu près une fois sur deux, et ça se paie le jour où le propriétaire découvre qu’aucune aide n’attend ses panneaux.
Additionner les aides ne donne jamais zéro
MaPrimeRénov’ et la prime CEE se cumulent, et c’est la combinaison la plus courante des dossiers que je vois passer. Leur somme est écrêtée : elle ne peut pas dépasser un pourcentage du montant TTC des travaux, et ce pourcentage dépend de ta couleur.
90 %du montant TTC chez un ménage bleu
75 %chez un jaune
60 %chez un violet
Le « reste à charge zéro » qu’un démarcheur promet au téléphone est donc interdit par l’arrêté même dont il se réclame. Cet écrêtement ne mord presque jamais sur une pompe à chaleur, où le forfait est loin du prix payé. Il mord au contraire à tous les coups sur une isolation de combles, parce que le forfait s’y calcule au mètre carré quand le devis, lui, reste bas. Le détail de ce qui s’annule tient dans les règles de cumul.
Par où tu commences, dans l’ordre
Par le diagnostic, pas par le devis. Tu ne sais pas quel travail te fera gagner une lettre tant que tu n’as pas lu l’étiquette de ta maison, et l’ordre des chantiers en découle.
Ensuite, un rendez-vous avec un conseiller France Rénov’. Gratuit. Il ne remplira pas ton dossier à ta place, en revanche, et il est devenu obligatoire avant toute demande en rénovation d’ampleur.
Puis le devis d’une entreprise qualifiée RGE, que tu ne signes surtout pas. Tu réserves la prime CEE auprès de l’obligé de ton choix, tu déposes la demande sur ton compte France Rénov’, et tu attends l’accusé de réception avant de laisser démarrer quoi que ce soit. Signer d’abord coûte l’aide entière : c’est le refus que j’ai annoncé le plus souvent au téléphone, et je n’en ai jamais vu un seul se rattraper.
Attention au décalage entre les deux calendriers. Le dossier MaPrimeRénov’ réclame un devis déjà établi ; la prime CEE, elle, se réserve avant que ce devis existe. Quelques jours d’écart, et c’est là que se perdent la plupart des primes CEE. Personne ne prévient, ni l’obligé, ni l’artisan qui vend le chantier.