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Solaire thermique ou photovoltaïque : lequel est encore aidé

Depuis le 5 juin 2026, le photovoltaïque n'ouvre plus droit à aucune prime et le surplus se rachète 1,1 c€/kWh. Le solaire thermique, lui, reste à MaPrimeRénov'. Le calcul du reste à charge, poste par poste.

Publié le 1 janvier 2020 Par Sébastien Rouvier 9 min de lecture

Capteurs solaires thermiques et modules photovoltaïques posés côte à côte sur un même pan de toiture en tuiles

1,1 centime d’euro. C’est ce que te rapporte un kilowattheure solaire injecté sur le réseau au lieu d’être consommé chez toi. Le même kilowattheure gardé à la maison t’évite d’en acheter un à 20,01 centimes au tarif réglementé, depuis la hausse du 1er août 2026. Dix-huit fois l’écart.

Sur le terrain de l’aide publique, ces deux familles de panneaux ne se comparent plus. Le solaire thermique, des capteurs qui chauffent de l’eau, reste inscrit à MaPrimeRénov’ pour 2 000 à 10 000 € selon tes revenus et l’appareil. Le photovoltaïque n’ouvre plus droit à aucune prime depuis le 5 juin 2026. Ça ne veut pas dire que le thermique gagne chez toi : il perd dans trois situations, et la plus fréquente des trois est une eau chaude déjà produite au gaz.

Ce qui sépare les deux, poste par poste

Solaire thermiquePhotovoltaïque
Ce que ça produitde l’eau chaude, parfois du chauffagede l’électricité
Aide à l’achat2 000 à 10 000 €aucune depuis le 5 juin 2026
Prix du surplussans objet1,1 c€/kWh
ArtisanRGE mention solaire thermiquelibre, sauf pour la TVA à 5,5 %
Ça se raccordeau ballon et à la plomberieau tableau et au réseau
Première grosse pannele circuit et son fluidel’onduleur, vers dix à quinze ans

Les deux se posent sur le même toit et s’arrêtent là. Un capteur thermique fait circuler un liquide qui va céder sa chaleur à un ballon : c’est de la plomberie, avec un circuit, une pompe et un fluide caloporteur qui se contrôle. Un module photovoltaïque fabrique du courant continu qu’un onduleur convertit, puis renvoie vers ton tableau et, pour ce que tu n’absorbes pas, vers le réseau. Le premier remplace une dépense d’eau chaude. Le second remplace une dépense d’électricité, et vend à perte ce qu’il ne remplace pas.

La prime photovoltaïque s’est arrêtée le 5 juin 2026

L’arrêté du 1er juin 2026, publié au Journal officiel du 4 juin, abroge l’article qui portait la prime à l’investissement. Il s’applique aux demandes déposées à partir du 5 juin.

La prime à l’autoconsommation valait encore 80 € par kilowatt-crête au premier trimestre 2026, soit 240 € sur une installation de 3 kWc et 720 € sur une installation de 9 kWc. Elle ne vaut plus rien : elle n’existe plus.

Le tarif d’achat du surplus, lui, tombe à 1,1 c€/kWh hors taxes, indexé de 2 % par an, garanti vingt ans, avec une quantité rachetée plafonnée à 1 600 heures par kilowatt-crête et par an. La pente se lit sur trois millésimes : 12,69 c€ en 2024, environ 4 c€ au printemps 2026, 1,1 c€ aujourd’hui.

Le même arrêté ferme la vente en totalité en dessous de 9 kWc. Il ne reste que l’autoconsommation avec vente du surplus.

0 €de prime pour un dossier déposé après le 5 juin 2026

1,1 c€le kilowattheure de surplus vendu au réseau

20,01 c€le kilowattheure que tu évites d'acheter en l'autoconsommant

Les installations dont la demande complète de raccordement était déposée avant le 5 juin gardent leurs conditions, prime comprise. Si ton dossier est parti à temps, rien de ce paragraphe ne te concerne.

À vérifier sur ton devis

Un devis établi cet été qui déduit encore 240 € ou 720 € de prime à l'autoconsommation chiffre une aide qui n'existe plus. La somme reviendra à ta charge au moment de payer, et le vendeur te répondra qu'il t'avait donné une estimation. Fais retirer la ligne avant de signer.

Le solaire thermique tient, avec trois verrous

Le chauffe-eau solaire individuel et le système solaire combiné sont toujours au barème du parcours par geste. Un chauffe-eau solaire vaut 4 000 € pour un ménage bleu, 3 000 € pour un jaune, 2 000 € pour un violet. Un système solaire combiné, qui produit aussi une part du chauffage, monte à 10 000 €, 8 000 € et 4 000 € sur les mêmes couleurs, avec un plafond de dépense éligible de 16 000 € et une exigence de rendement saisonnier d’au moins 90 %.

Premier verrou : la couleur. Un ménage rose ne touche rien sur le solaire, ni thermique ni photovoltaïque, et la question ne se pose donc pas pour lui dans ces termes.

L’écrêtement vient ensuite. L’aide ne dépasse jamais 90 % de la dépense pour un bleu, 75 % pour un jaune, 60 % pour un violet. Il reste toujours quelque chose à sortir de ta poche, et quand on te promet l’inverse on te promet une chose que l’Anah interdit.

Reste la qualification. Il te faut un installateur RGE portant la mention solaire thermique. J’ai vu des dossiers refusés là-dessus : l’artisan avait bien son RGE, obtenu sur la pompe à chaleur, et il ne couvrait pas ce geste.

Un mot sur le calendrier, parce qu’il bouge. Le parcours par geste reste ouvert aux logements classés de A à G jusqu’au 31 décembre 2026 ; à partir de 2027, seuls les A à E y entreront. Et un décret annoncé pour septembre voudrait sortir le solaire thermique de ce parcours pour le réserver aux rénovations d’ampleur. Il a reçu un avis défavorable du Conseil national de l’habitat le 2 juillet et il n’est pas paru. Tant qu’il ne l’est pas, le forfait s’applique. Ce qui fige tes droits, c’est la date de dépôt de ta demande, pas celle de la signature du devis.

Le calcul sur une maison de quatre personnes

Quatre personnes tirent environ 200 litres d’eau chaude par jour, ce qui représente à peu près 2 800 kWh par an à produire. Un chauffe-eau solaire correctement dimensionné en couvre la moitié aux deux tiers ; retiens 60 %, soit 1 680 kWh. Si ton eau chaude est électrique, ces kilowattheures valent 336 € par an au tarif d’août.

Pose un devis de 6 000 € TTC, ce qui est la zone haute d’un chauffe-eau solaire familial. Un ménage bleu touche 4 000 €, sort 2 000 € et les récupère en six ans. Un violet touche 2 000 €, sort 4 000 € et attend douze ans. Un rose paie tout et attend dix-huit ans. Si l’eau chaude est déjà produite par une chaudière gaz à condensation, divise l’économie par deux et double chacune de ces durées. La plupart des projets solaires que j’ai vus tomber à l’eau tombaient sur cette ligne.

En face, une installation photovoltaïque de 3 kWc produit autour de 3 300 kWh par an en métropole. Un foyer qui n’est pas chez lui la journée en absorbe environ 40 %, soit 1 320 kWh, qui valent 264 €. Les 1 980 kWh restants partent sur le réseau et rapportent 22 €. Total : 286 € par an, pour un chantier posé autour de 9 000 €. Le même surplus rapportait 79 € au printemps et 251 € en 2024.



Ce que le photovoltaïque fait mieux

Il ne touche pas à ta plomberie. Aucun ballon à loger, aucun circuit à purger, aucun fluide caloporteur à faire vérifier tous les trois ou quatre ans. Un chauffe-eau solaire ajoute une pièce d’équipement dans un local qui est rarement vide, et son entretien n’est pas facultatif.

L’électricité, elle, sert à tout. L’eau chaude solaire ne fait que de l’eau chaude, et en juillet elle en fait trop : un capteur qui surchauffe en août ne se convertit en rien d’autre. Un kilowattheure photovoltaïque alimente la plaque, le lave-linge, la borne de recharge.

La TVA à 5,5 % lui reste acquise. Depuis le 1er octobre 2025, les installations de 9 kWc et moins y ont droit, à condition de respecter les critères de l’arrêté du 8 septembre 2025 : un gestionnaire d’énergie conforme et des exigences environnementales sur les modules. Un détail qui coûte cher, précisé en juin 2026 : une batterie dans la même opération fait basculer l’ensemble à 20 %.

Aucun guichet, enfin. Pas de dossier Anah, pas de plafond de ressources, pas de versement à attendre, pas de refus possible. Depuis que la prime a disparu, le photovoltaïque s’achète comme une chaudière : tu paies, on pose, tu sais où tu en es.

Qui prend quoi

Ménage bleu ou jaune, eau chaude électrique, chaudière encore vaillante. Le solaire thermique, sans hésiter. C’est le seul cas où l’aide publique couvre encore la moitié ou plus de la facture, et où l’économie porte sur le poste le plus cher de ta consommation d’électricité après le chauffage. Dépose la demande avant d’engager quoi que ce soit.

Ménage rose, ou eau chaude déjà au gaz. Le photovoltaïque, ou rien. Sans MaPrimeRénov’ pour compenser, un chauffe-eau solaire à 6 000 € qui économise 170 € de gaz par an ne se rembourse pas dans la vie de l’installation. Le photovoltaïque ne rapporte pas grand-chose non plus, mais il coûte moins cher à faire vivre.

Foyer présent la journée, avec voiture électrique ou piscine. Le photovoltaïque, et dimensionné sur ce que tu consommes vraiment aux heures de production. Chaque point d’autoconsommation gagné vaut dix-huit fois un point de surplus vendu. C’est le seul levier qui reste, et il se règle au dimensionnement.

D'où viennent les chiffres de cette page

  • Arrêté du 1er juin 2026 modifiant l'arrêté du 6 octobre 2021, Journal officiel du 4 juin 2026 : prime supprimée, surplus à 1,1 c€/kWh.
  • Barème MaPrimeRénov' par geste en vigueur pour le chauffe-eau solaire individuel et le système solaire combiné.
  • Tarif réglementé de vente de l'électricité, option base, au 1er août 2026 : 20,01 c€/kWh TTC.

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