AccessHabitat

MaPrimeRénov' pompe à chaleur : de 3 000 à 11 000 € au barème 2026

Le barème chauffage applicable aux demandes déposées depuis le 1er janvier 2026 : 5 000 € pour une pompe à chaleur air-eau, 11 000 € pour la géothermie, rien pour l'air-air. Aucun montant n'a bougé depuis 2025, deux lignes ont simplement disparu du tableau.

Publié le 1 janvier 2020 Par Sébastien Rouvier 10 min de lecture

Groupe extérieur de pompe à chaleur air-eau posé sur ses plots béton contre un mur crépi, raccords cuivre apparents.

En février, un voisin est passé avec un devis de chaudière à granulés et je lui ai annoncé 3 850 € de MaPrimeRénov’ sans ouvrir le barème. Je récitais un tableau qui n’existait plus depuis six semaines. La ligne des chaudières à alimentation automatique a été retirée le 1er janvier 2026 et il ne reste rien pour ce poste dans le parcours par geste. Il avait signé.

Sur les pompes à chaleur, en revanche, pas un euro n’a bougé. Une air-eau vaut 5 000 € en bleu, 4 000 € en jaune, 3 000 € en violet, zéro au-delà. Une géothermique monte à 11 000 €. Et une air-air ne vaut rien : le décret exclut du champ les pompes à chaleur air-air, en toutes lettres.

Le barème chauffage applicable depuis le 1er janvier 2026

Les montants ci-dessous sortent de l’annexe 2 de l’arrêté du 14 janvier 2020, tableau 1, dans sa rédaction applicable aux demandes déposées à compter du 1er janvier 2026. Si ton dossier part maintenant, c’est la seule version qui te concerne.

ÉquipementTrès modestesModestesIntermédiairesSupérieuresPlafond de dépense éligible
Pompe à chaleur air-eau5 000 €4 000 €3 000 €rien12 000 €
Pompe à chaleur géothermique ou solarothermique11 000 €9 000 €6 000 €rien18 000 €
Chauffe-eau thermodynamique1 200 €800 €400 €rien3 500 €
Chauffage solaire combiné10 000 €8 000 €4 000 €rien16 000 €
Chauffe-eau solaire individuel4 000 €3 000 €2 000 €rien7 000 €
Partie thermique d’un capteur hybride2 500 €2 000 €1 000 €rien4 000 €
Poêle ou cuisinière à granulés1 250 €1 000 €750 €rien5 000 €
Poêle ou cuisinière à bûches1 250 €1 000 €500 €rien4 000 €
Foyer fermé, insert1 250 €750 €500 €rien4 000 €
Raccordement à un réseau de chaleur1 200 €800 €400 €rien1 800 €
Dépose d’une cuve à fioul1 200 €800 €400 €rien4 000 €

La colonne des ménages aux ressources supérieures est vide de bout en bout. Sur le chauffage, le profil rose ne touche plus rien geste par geste ; il lui reste la rénovation d’ampleur, où le même arrêté lui accorde 10 % de la dépense éligible contre 45 % au profil intermédiaire.

La colonne de droite porte le plafond de dépense éligible, c’est-à-dire la part de ton devis que l’administration accepte encore de regarder. Au-delà, ce que tu paies existe toujours, seulement plus personne ne le compte.

Le forfait couvre de 11 à 67 % de la dépense retenue

Rapporte chaque forfait à son propre plafond et le barème arrête d’être une liste de prix. Un raccordement à un réseau de chaleur, pour un ménage très modeste, c’est 1 200 € sur une assiette de 1 800 €, soit les deux tiers. Le chauffage solaire combiné tourne autour de 62 %. La pompe à chaleur air-eau retombe à 42 %, avec ses 5 000 € sur 12 000 €. Et le poêle à granulés plafonne à un quart : 1 250 € sur 5 000 €.

Monte d’un cran dans les revenus et l’écart se creuse encore. Un ménage intermédiaire qui installe un chauffe-eau thermodynamique touche 400 € sur une assiette de 3 500 €, soit 11,4 %. C’est le taux le plus bas du barème chauffage.

66,7 %le raccordement à un réseau de chaleur, poste le mieux couvert

41,7 %la pompe à chaleur air-eau, forfait bleu sur son plafond

11,4 %le chauffe-eau thermodynamique en violet, le plus mal loti

Aucun de ces pourcentages ne figure dans l’arrêté. Le texte pose des forfaits, pas des taux de subvention, et la nuance se paie comptant : un devis plus cher ne rapporte pas un euro de plus, un devis deux fois moins cher rapporte exactement le même forfait. La seule borne basse est que l’ensemble des aides ne peut pas dépasser la dépense éligible elle-même.

Sur un devis de 14 200 €, il te reste 5 200 € à payer

Une pompe à chaleur air-eau facturée 14 200 € TTC, pose comprise, chez un ménage très modeste. Le plafond de dépense éligible étant de 12 000 €, les 2 200 € du dessus sortent du calcul immédiatement. MaPrimeRénov’ verse son forfait de 5 000 €. L’écrêtement plafonne ensuite le cumul avec la prime CEE à 90 % de la dépense retenue, soit 10 800 €, ce qui laisse 5 800 € de place pour le certificat d’économies d’énergie.

Avec une prime CEE de 4 000 €, le total des aides atteint 9 000 €. Il reste 5 200 € à sortir, un peu plus du tiers du devis. C’est le calcul que je refais devant chaque personne qui m’appelle en croyant que 5 000 € de prime veulent dire 5 000 € de moins sur la facture.

Mon compte tombe à côté dès que le CEE proposé dépasse 5 800 €, et ça arrive sur les grosses opérations commerciales. Le rabot ne tombe alors pas sur le CEE : l’Anah écrête son propre forfait pour tenir les 10 800 €, et tu encaisses moins que les 5 000 € du barème sans que personne t’ait prévenu.




Un dernier plafond passe presque toujours inaperçu : sur cinq années consécutives à compter de la première décision d’octroi, le cumul des primes par geste ne peut pas dépasser 20 000 € pour un même logement. Une géothermique et une VMC double flux ont déjà mangé les deux tiers de cette enveloppe.

Deux lignes ont disparu du tableau, aucun montant n’a bougé

J’ai posé côte à côte le tableau des demandes de 2025 et celui de 2026. Sur les équipements présents dans les deux, pas un centime d’écart : pompe à chaleur air-eau, géothermique, poêle à granulés, chauffe-eau thermodynamique, VMC double flux, tous gardent leurs forfaits et leurs plafonds au chiffre près.

Ce qui a changé, ce sont les lignes qu’on a retirées. Les chaudières à alimentation automatique fonctionnant au bois, les chaudières à alimentation manuelle, puis l’isolation des murs en façade ou en pignon, par l’extérieur comme par l’intérieur. Cinq lignes en tout, supprimées pour les demandes déposées à partir du 1er janvier 2026. Le reste du barème isolation a survécu intact.

Une chaudière à granulés reste finançable, mais ailleurs : par les certificats d’économies d’énergie, ou à l’intérieur d’un projet de rénovation d’ampleur. Mon voisin a fini par récupérer une prime CEE. Elle est très en dessous de ce que je lui avais annoncé.

Le barème en vigueur depuis janvier a été signé le 12 juin 2026

Voilà le genre de détail qui n’intéresse personne jusqu’au jour où un dossier tombe dessus. Le décret exige que le barème soit fixé par un arrêté conjoint de cinq ministres : logement, énergie, économie, outre-mer et budget. L’arrêté du 4 décembre 2024, celui qui avait réécrit les forfaits du bois pour 2025, n’avait pas la signature du ministre chargé de l’outre-mer. Le Conseil d’État l’a annulé sur ce point le 11 mars 2026, et sa décision a été publiée au Journal officiel.

L’arrêté du 8 septembre 2025, qui portait les suppressions de 2026, souffrait du même défaut : cinq signatures au bas du texte, aucune venant de l’outre-mer. Le gouvernement ne l’a pas défendu. Il l’a abrogé, puis réécrit mot pour mot le 12 juin 2026 avec les contreseings manquants. Le décret jumeau du même jour l’annonce sans détour : il « se borne à reprendre à l’identique » celui de septembre, « avec l’ensemble des contreseings requis ».

Le tableau que tu lis aujourd’hui a donc été signé en juin 2026 et s’applique aux demandes déposées depuis le 1er janvier. Un dossier instruit entre les deux dates l’a été sur un texte réécrit après coup, sans que les montants changent d’un euro.

Ce que ce tableau ne dit pas

Rien là-dedans ne garantit que ton dossier passera. Le décret précise que la décision d’octroi est prise dans la limite des autorisations d’engagement inscrites au budget de l’Agence nationale de l’habitat, et ce n’est pas une clause de style : le guichet est resté fermé du 31 décembre 2025 au 23 février 2026, faute de budget voté. Un barème publié ne fait pas un guichet ouvert.

L’éligibilité de ton matériel se joue ailleurs aussi. Les forfaits supposent des seuils techniques atteints, et sur une pompe à chaleur air-eau c’est l’efficacité énergétique saisonnière qui tranche. Une machine correcte qui rate le seuil ne touche pas un forfait réduit : elle ne touche rien.

Reste ce que ton installateur facture autour de l’équipement, dont le tableau ne dit pas un mot. La dépense éligible, c’est le matériel et sa pose. La dépose de l’ancienne chaudière, le remplacement des radiateurs, la reprise du carrelage et les saignées rebouchées se paient au prix plein, et l’écart entre les 5 000 € annoncés et ce qui part vraiment de ton compte se creuse à cet endroit-là. Une seule exception y échappe, la dépose d’une cuve à fioul, et uniquement parce qu’elle a sa propre ligne dans le barème.

À lire aussi dans « Chauffage du logement »

Toute la rubrique « Chauffage du logement »

Là où ça continue

Bloqué sur ton dossier ?

France Rénov' répond au 0 808 800 700

Le conseil est gratuit et personne ne te vendra rien.